
Je n'arrive pas à franchir le pas!
Je n'ai pas le temps!
Est-ce que j'ai un don?
Je ne sais rien faire!
Je ne sais pas dessiner!
Je voudrais créer comme les artistes que j'adore.
J'ai peur de copier les autres.
La création est pour ceux qui ont du talent!
Je n'ai aucune imagination!
Si je fais, je veux y arriver tout de suite, je veux un résultat.
J'ai peur du regard des autres.
J'ai peur d'exposer.
Mes proches sont durs dans leur critique.
Est-ce que je dois choisir les cours ou les stages?
Qui êtes-vous?
Depuis combien de temps l'atelier existe?
Pourquoi les activités et les âges sont-ils mélangés dans vos cours?
Où se trouve votre atelier?
Qu'elle est votre démarche?
Est-ce de l'art-thérapie?
Je n'arrive pas à franchir le pas!
L’envie
de l’art correspond pour de nombreuses personnes à un besoin
profond de longue date ou un besoin qui peut être passager. Pour la
première catégorie, il faut sortir de l’état de
projet et d’idéal pour concrétiser cette démarche.
Les gens qui viennent s’inscrire dans un atelier ont tous leurs raisons
et leurs envies personnelles mais aussi leur manière d’aborder
cette première démarche. Parmi eux il y en a qui viennent, reviennent,
passent devant la vitrine de l’atelier, parfois pendant plusieurs années
en hésitant, repartant avec un prospectus qu’ils trouvent devant
la porte. Prospectus qu’ils garderont précieusement avant d’en
ramasser un autre l’année suivante ou quelques rues plus loin
dans un autre atelier.
Parmi eux, certains ne franchiront jamais les portes de leurs envies. D’autres
finiront par le faire enfin. Le premier pas est le plus dur pour ceux-là,
mais en découvrant le bénéfice de la démarche,
ils se demandent après pourquoi il leur a fallu autant de temps.
Je n'ai pas le temps!
Plusieurs fausses raisons que nous crions comme vérité expliquent cette attente, ces hésitations: Le temps, l’argent, les enfants... Mais la création est comme beaucoup d’autres choses, un temps à soi que l’on se donne ou non. Il y a des élèves qui travaillent à temps plein et qui ont quatre enfants en bas âge, cependant ils ou elles ont décidé que ces deux heures par semaine étaient importantes pour eux. Que ces deux heures leur permettrait de se ressourcer, de s’épanouir, de se faire plaisir et d’être ainsi plus disponible a leur retour pour leurs proches. D’autres prendront plus de temps pour le comprendre.
Mais toutes ces fausses
raisons qui servent de frein à notre envie ne font que cacher un enjeu
plus grand : la peur.
La peur de ne pas savoir faire ou de ne pas avoir d’idées. La
plupart gardent l’idée qu’on ne peut pratiquer une activité
artistique plastique sans avoir fait les beaux-arts auparavant ou qu’il
faut impérativement passer par l’académisme avant de pouvoir
faire autre chose. Plein d’idées que beaucoup entretiennent…
La peur de rejoindre un groupe et de s’exposer à travers son
travail.
La peur de détruire ce rêve d’artiste potentiel qui est
en nous, ce rêve de sensations, de créations en étant
déçu par ce que nous trouverions, par ce que nous éprouverions.
La peur de franchir ce rêve.. Et de ne plus en avoir d’autres
derrière.
La peur que notre création ne corresponde pas à ce que nous
voulons faire, en oubliant que c’est la création qui nous guidera
et non nous qui guiderons la création.
Toutes ces peurs sont un frein et une lutte que nous menons contre nous-mêmes.
Pourtant si l’envie de créer est réellement au fond de
nous, elle fait partie intégrante de notre être et nous y viendrons
de toute façon, sous une forme ou une autre. Nous aurons lutté
à ne pas faire, parfois plus fortement que nous lutterions pour nous
faire plaisir
Une fois le pas franchit, le rôle de « l’enseignant » sera d’amener des techniques de mise en confiance pour que chacun franchisse enfin ce pas si primordial pour lui-même.
Est-ce que j'ai un don?
En art avec un grand A,
on parle toujours de don, de talent artistique, d’avoir une âme
d’artiste…On place l’art la-haut, tout la-haut, là
où il n’est pas accessible. Comme il n’est pas accessible,
pour les amateurs, ça crée des blocages ou au contraire ça
conforte dans le fait que si on ne fait pas c’est que ce n’est
pas accessible. Pour certains artistes, ça les placent au-dessus et
ils se gardent bien d’aller à l’encontre de ces idées
reçues ou d’expliquer que comme pour le sportif, et bien il y
a un choix de départ par rapport à une discipline et qu’ensuite
il y a du travail.
On ne crée pas parce qu’on a du talent. C’est en créant
que vient le talent.
En Art, on s’obstine à vouloir donner une importance au résultat
avant d’en donner au moment de la création même. Ce temps
de bien-être, de recherche, de ressources, de doute aussi, d’effort
et pourquoi pas…de plaisir. Plaisir de se donner du temps tout simplement.
Quand nous voulons faire du sport, parlons-nous de don avant de commencer
? Parlons-nous de don ou d’entraînement ?
Je ne sais rien faire!
L’artiste
est le premier à vivre de ses doutes. L’artiste qui crée,
celui qui enseigne, celui qui contemple, celui qui vit, celui qui détruit,
l’artiste doute. Il doute et c’est le propre de son travail. Douter,
chercher, tâtonner, se remettre totalement en question, se sentir nul,
être vide, vouloir abandonner.. Tout ceci fait partie de la création
au même titre que l’exaltation, l’effervescence, la jouissance,
se prendre pour un génie, avoir l’impression d’être
grand, beau et fort et se retrouver dans la seconde suivante petits dans ses
chaussettes. La création c’est la vie. Un condensé rapide
des émotions de la vie avec ses doutes et ses croyances.
A chaque nouvelle œuvre l’artiste a les mêmes peurs que celui
qui débute. Il a juste appris a gérer ses peurs et a en faire
des forces.
Créer est un acte simple si on n’y met pas tous les enjeux de
la représentation, des capacités, des préjugés.
Qu’est-ce qu’on risque à se faire plaisir ?
Je ne sais pas dessiner!
Faut-il savoir dessiner pour faire de la peinture ou de la terre? Dans ces 2 disciplines, vous allez utiliser des sens ou des émotions qui ne sont pas présentes dans le dessin. On peut s'amuser avec les couleurs, l'équilibre, la composition et faire de merveilleux tableaux sans savoir dessiner. Il y a des méthodes pour apprendre de manière ludique, pour placer un dessin avant la peinture ou même de partir directement avec ses couleurs.
Pour la terre C'est encore plus flagrant car nous avons le sens tactile qui nous sert en plus du sens visuel. Car de même que nous avons une mémoire visuelle, olfactive ou autre, nous avons aussi une mémoire tactile que nous utilisons peu. Notre corps enregistre les sens tactiles et peut les retransmettre dans cette matière qu’est la terre. C’est pourquoi nous pouvons faire de la sculpture sans connaître le dessin car nous sommes peut-être plus tactile que visuel et avons peut-être en nous sans le savoir le sens des proportions grâce à ce sens là. Bien sûr, il faudra le travailler, mais en terre nous travaillons sur les sensations en contact direct, alors laissons les parler!
Je voudrais créer comme les artistes que j'adore.
Nous allons essayer d’apprendre rapidement à quitter les idées toutes faites que nous avons sur ce que nous devons réaliser. L’idée de l’art vient souvent d’un coup de cœur avec une œuvre. L’élève arrive alors avec l’envie de faire du Rodin, du Giacometti, du van gogh ou de la forme humaine vue dans une exposition quelconque. L’idée est d’essayer de leur faire accepter que s’ils aiment tel artiste, ils ne sont pas forcément eux-mêmes dans cette lignée d’artistes. On peut aimer un style mais ne pas pouvoir le vivre en tant que créateur. On peut même être à l’opposé de ce style. J’ai des élèves qui arrive en criant moi je déteste l’art figuratif…Et qui ne font que de l’art figuratif et inversement. Cela ne les empêche pas d’être fier du résultat. Ils ont juste eu besoin de découvrir quel artiste il y a en eux. Ce style n’est d’ailleurs pas forcément figé car les phases peuvent êtres diverses durant le parcours d’un artiste.
J'ai peur de copier les autres.
Nous sommes tous influencés.
Chaque exposition, chaque regard va rester en soi un jour, un an, une vie
pour ressurgir un jour et se mêler à d’autres éléments
de nous-mêmes : Notre histoire, une rencontre, un événement
récent ou ancien, un sentiment, un proche. Tout ceci fait partie de
nous, et au moment de la création, une parcelle et amalgame de certains
de ces éléments va surgir. On en sera conscient ou non.
Qu’importe qu’il y ait influence d'un artiste ou d'un autre, car
à partir du moment où nous intervenons avec notre histoire,
nous créons et notre création sera unique.
Cependant quand on a dit à quelqu’un qui n’ose pas, que l’inspiration fait partie du jeu, on peut aussi laisser entrer en lui les travers de ce que lui a bien voulu entendre. Certains se mettent alors à faire de la copie pure, n’ayant pas discerner l’inspiration de la copie. Il faut alors trouver le moyen de lui donner confiance en lui afin de lui éviter de faire du « plagiat », et de se trouver en tant que créateur.
La création est pour ceux qui ont du talent!
L’art est une envie
personnelle et intime. Chacun a le droit d’en faire. Chacun peut en
faire. Seule la motivation profonde va décider des choix de chacun,
et c’est cette même motivation qui va nous pousser au travail.
L’art n’est pas une discipline réservée à
une élite, en tout cas pas pour pratiquer. Il y a de la place pour
tous et les places ne sont pas réservées. C’est une envie
profonde, un besoin personnel, une évidence peut-être qu’il
faut s’accorder de satisfaire si on en éprouve le besoin.
Parce qu’avant toute chose l’art est un plaisir, un moment à
soi, pour soi, dans la rencontre des autres aimant pratiquer aussi.
Il faut arrêter d’y mettre des enjeux autre que ce plaisir.
Je n'ai aucune imagination!
Apprendre dès le premier contact à faire confiance à nos propres mains. Non pas uniquement par leur dextérité mais aussi par ce qu’elles peuvent amener comme vécu et donc comme création qu’elles suggéreront au cerveau. L’artiste débutant ou celui basé sur d’autres techniques va attendre d’avoir une idée avant de commencer à travailler. Nous, nous allons au contraire commencer à nous amuser avec la matière et attendre que les mains nous suggèrent des idées. Elles nous en montreront forcément car nous avons un vécu, une histoire, des aventures du jour ou de la semaine, des idées toutes faites ou à découvrir. Des influences. Toutes ces choses qui à un moment vont surgir d’une manière ou d’une autre sous une forme ou une autre. Ces formes seront abstraites ou figuratives, peu importe, le principal est qu’elles évoquent quelque chose à l’artiste, qu’elles lui donnent envie de travailler, d’explorer, d’aller plus loin.
Si je fais, je veux y arriver tout de suite, je veux un résultat.
Quand un élève
à l’atelier s’énerve et m’appelle parce qu’il
n’arrive pas à faire quelque chose. Bien souvent cet élève
n’a en fait pas commencé le travail. Il demande avant car il
a peur de se lancer. Il a peur de lui-même et de ses vides, peur d’être
dans l’incapacité de faire, persuadé qu’il ne peut
pas faire.
J’essaie de lui expliquer qu’il est difficile pour moi de travailler
d’après un rien. Que le mieux est de se lancer, d’oser
et qu’ensuite je pourrais lui expliquer ce qui va ou non. Ce qui peut
être amélioré ou non. Parce qu’alors je pourrais
lui enseigner à regarder par lui-même. A voir ses propres qualités,
ses propres erreurs. A prendre le recul nécessaire sur sa pièce
qui l’aidera dans ce sens. Je lui explique que le créateur est
un chercheur scientifique et que comme lui il doit se lancer pour trouver.
Le scientifique de laboratoire ne trouve pas sa solution en regardant ses
éprouvettes. C’est en faisant ses mélanges, en testant
qu’il voit ses erreurs, un peu de ceci, un peu moins de cela. Et de
cette erreur il en tire des leçons qui lui permette de chercher encore
et encore et de trouver enfin. Le chercheur accepte avant tout que ses recherches
n’aboutissent pas car il est conscient qu’il peut ne pas y avoir
de résultat, en tout cas, pas de suite. Le créateur débutant,
non. Il est persuadé au bout de dix minutes s’il ne s’est
rien passé qu’il n’est pas doué, qu’il n’est
pas fait pour ça…Et c’est son impatience et ses doutes
qui vont peut-être lui faire abandonner quelque chose qu’il désire
vraiment.
J'ai peur du regard des autres.
Une personne qui dit faire
du tennis une fois par semaine, on lui demande où il joue, on pense
qu’il se défoule…Une autre qui dit faire de la peinture
ou de la sculpture, on lui demande immédiatement à voir ce qu’il
fait afin d’évaluer son talent éventuel. Parce que l’art
est forcement associé à la représentation. Cette représentation
amène une attraction car on veut pouvoir montrer que…, mais elle
amène aussi un frein : la peur.
On oublie bien souvent que l’art plastique est avant tout un moyen d’expression,
un moyen de se faire plaisir, de se retrouver, d’apprendre à
se faire confiance, de plonger dans son propre imaginaire avant toute démarche
finale qui peut être la représentation et la confrontation au
regard de l’autre.
L’artiste n’est pas celui qui va faire ce qu’attend le public. Il va d’abord le faire pour lui pour pouvoir être intègre et c’est en étant fidèle et clair avec lui-même qu’il pourra donner aux autres. Il doit avant tout être égoïste afin de mieux donner.
Il doit donner son talent
mais pas ses choix.
L’artiste doit être vrai, doit savoir voir sa vérité.
Celle qui est au fond de lui et pour cela il doit sortir du regard de l’autre.
Il doit sortir de ce que les autres attendent avec leur vie, leurs expériences,
leurs projections, leurs attentes qui ne sont pas les siennes et qui n’ont
pas plus de légitimité que ses désirs à lui.
Durant le travail, chacun respecte le travail des autres, respectueux du monde intérieur de chacun et de sa progression, l'enseignant est là pour y veiller.
J'ai peur d'exposer.
L'exposition est une étape essentielle de la création. Elle ne doit pas être la seule motivation au travail, comme beaucoup le pense, mais elle permet de finaliser une pièce. Exposer ses pièces au regard des autres, c'est sortir de son monde créatif pour se retrouver dans celui du spectateur. C'est voir sa pièce avec plus de recul. Prendre ce qu’il y a à prendre au niveau de la critique. L’échec ou la réussite de cette exposition enrichira l'artiste profondément à tout niveau et la plus grande des richesses, c’est en lui qu'il la puisera, pour ses prochaines créations.
Mes proches sont durs dans leur critique.
Avant chaque exposition,
je préviens mes élèves qu’ils vont se confronter
au regard de l’autre et que l’autre n’a pas toujours un
regard constructif. Je les préviens que bien souvent se sont les plus
proches qui sont les plus critiques.
On le sait la critique est de toute façon subjective en fonction, d’un
vécu, d’une histoire, d’une société, d’une
expérience. Cependant pour les proches elle s’accompagne aussi
de tout ce qu’il peut y avoir dans l’histoire commune du créateur
et du visiteur. Histoires conscientes mais aussi inconscientes. Beaucoup de
choses peuvent apparaîtrent dans ces critiques. Le proche peut, bien
sûr être fier de « son » créateur et voir dans
cette pratique de l’art un épanouissement chez celui-ci. Après
qu’il aime ou non ses oeuvres, si ce sentiment est sincère, la
critique sera forcément objective parce qu’ouverte à la
différence. Sinon elle sera teintée d'histoires communes, jalousie,
attente de plus etc...
Auguste Rodin disait: "Accueillez les critiques justes. Vous les reconnaîtrez facilement. Ce sont celles qui vous confirmeront dans un doute dont vous êtes assiégé. Ne vous laissez pas entamer par celles que votre conscience n’admet pas."
Est-ce que je dois choisir les cours ou les stages?
L'atelier propose différentes formules: les cours hebdomadaires, les stages en demi-journée ou journée et les stages à la semaine. Certains élèves passent de l'un à l'autre, d'autres choisissent une option.
Les cours amèneront une régularité et un suivi dans le travail et donc dans la création intérieure qui continuera entre 2 cours, un rendez-vous hebdomadaire, un rythme. Les stages sont plus intensifs mais plus dispersés dans l'année. A chacun ses motivations, son temps, ses moyens. Je recommande cependant quel que soit son choix de garder une régularité. La création s'entretient et plus on crée, plus on développe son imaginaire et plus on a envie de créer. Faire de l'art en dilettante, c'est s'exposer au risque de bientôt abandonner.
Qui êtes-vous?
Née à Paris en 1965, d’une famille d’artistes et/ou passionnée d'art, ce fut une évidence très tôt pour moi que le milieu artistique était le mien.
C’est à 8 ans que je pus voir des spectacles de Maurice Béjart. Et si la danse était un univers du corps que je ne concevais pas de rejoindre, il était pour moi la représentation de la beauté, du volume et du mouvement. Je ne savais encore pas sous quelle forme je pouvais me rapprocher de ces volumes, mais l’évidence était déjà en moi.
Très tôt,
je m’inscris dans un atelier de création durant mes temps de
loisirs afin d’avoir un book et de pouvoir passer les concours d’entrée
aux écoles d’art.
Je rejoignis une école d’arts graphiques à Paris où
je passais 4 ans à découvrir et approfondir toutes sortes de
matière et discipline : dessin, peinture, sculpture, photographie,
décoration, graphisme….
Toutes ces disciplines
me convenaient, mais c’est au contact de la terre que la révélation
se fit. Je sus immédiatement que mon sens tactile était le plus
développé de mes sens et que cette matière allait devenir
mon univers. Je pouvais rejoindre le volume, le corps, le mouvement.
Je rencontrais cet espace temps d’abandon dans la matière, une
prolongation de mes envies, un contact direct, un moyen d’exprimer plus
intensément mes émotions.
A la sortie de cette école d’arts graphiques, j’ai passé 10 ans dans le graphisme, la pub et dans l’image sur palette graphique au service des cinéastes, photographes ou annonceurs (montages, retouches, déformations, lifting etc.…)
En parallèle, je me suis formée sur toutes les techniques de sculpture qui m’intéressait. Et c’est en déménageant à Lyon que je décidais de franchir le pas et de monter mon atelier en réunissant toutes ces disciplines d’arts plastiques.
Depuis combien de temps l'atelier existe-t-il?
L'atelier a ouvert ses portes en 1997.
Pourquoi les activités et les âges sont-ils mélangés dans vos cours?
Durant les cours à l’atelier, chacun côtoie tous les âges, tous les niveaux et toutes les disciplines. Je sais que cela peut surprendre car cela se fait peu dans les autres ateliers mais je crois réellement en l’interactivité des disciplines, âges…Certains viennent pour la peinture et finissent par essayer la terre, d’autres viennent faire de la mosaïque et finissent peintre. Chacun peut pratiquer l’activité de son choix et s’y tenir. Mais chacun peut aussi essayer les disciplines de son choix. Un artiste n’est pas nécessairement figé sur une discipline. Beaucoup aiment à découvrir, à innover, à chercher, à se renouveler. C’est donc l’occasion pour chacun de découvrir différentes techniques avant de se fixer sur une ou de rester comme moi avec l’envie d’en pratiquer plusieurs.
L’interactivité des âges est intéressante en créativité dans la mesure où chacun vient avec quelque chose de différent. Les enfants viennent avec leur spontanéité que les adultes ont bien souvent perdu. Les adultes arrivent avec leurs expériences et leurs doutes. Chacun apprend au contact de l’autre et chacun prend plaisir à se mêler même si dans un premier temps les parents ne sont pas toujours contents de savoir leurs enfants entourés d’adultes.
Où se trouve votre atelier?
L’atelier est un
local qui se trouve à Saint-Georges, à 150 mètres du
métro "Vieux Lyon". Entre la cathédrale Saint Jean
et l'église Saint-Georges. De poutres et pierres apparentes et une
vitrine en arc sur la rue pavée. Je n’ai pas la confirmation,
mais à mon arrivée, certains lyonnais de souche me disait que
Jean Marais y avait exposé ses sculptures. Bonne augure.
L’atelier se compose d’une salle principale qui doit faire environ
trente mètres carrés, avec un espace vitrine où sont
exposés les peintures et sculptures, le reste sert d’espace de
travail. Une autre pièce en sous-sol, cave voûtée qui
sert d’espace de stockage et de travail quand il y a trop de monde,
mais qui sert aussi d’espace d’exposition au moment voulu. C’est
un endroit très humide dû à la proximité de la
Soane mais aussi au stock de terre conservé dans la cave. Il a une
odeur de vieille maison de campagne humide.
Qu'elle est votre démarche?
De toutes les techniques que j’ai pu découvrir, une à retenue mon attention plus que les autres, je l’ai développée ensuite à ma manière. Cette technique me fut enseignée par une personne travaillant sur les principes de l’art thérapie. Celle de la création pure. Celle du développement personnel. La création que l’on va chercher au fond de soi à travers différentes techniques. Je ne voulais plus travailler sur modèles, je ne voulais plus travailler l’académisme, je voulais découvrir le créateur qu’il y a en chacun de nous. Cette technique fut tellement bénéfique pour moi, que petit à petit j’ai éprouvé le besoin de partager cette passion. Ce trop plein avait besoin d’être distribué.
Chacun à l'atelier peut travailler suivant sa technique ou ses envies, modèle ou non, mais petit à petit j'essaie de leur apprendre à se faire confiance et à oublier cette peur du vide de soi-même. Accepter que toutes leurs émotions, leurs expériences, leurs histoires leur amène une richesse intérieure qui ne demande qu'à sortir.
Est-ce de l'art thérapie?
Aller chercher au fond de soi sa propre créativité amène sans aucun doute une recherche personnelle et une meilleure connaissance de soi. Cela amène aussi une mise en confiance, une revalorisation de soi-même. Tant de choses dont nous avons tous besoin. Ceci dit le but de l'atelier n'est pas un but thérapeutique. C'est avant tout apprendre à se faire plaisir, affronter ses peurs, ses doutes, accepter de vivre avec et s'en servir.
Je crois profondément aux bienfaits de l'art sur la personne, mais l'art est avant tout un métier, un hobby, un plaisir, et mon but n'est pas thérapeutique, ce n'est pas mon métier. Si les cours ou l'art amène un certain bien être ou autre à certains, tant mieux, mais ce n'est pas le chemin recherché.
Mes techniques me permettent de travailler avec des gens en difficultés, mais encore une fois, le but n'est pas de travailler en thérapie avec eux. Ils vont peut-être apprendre à se faire plaisir, à se faire confiance, à retrouver une valorisation d'eux-mêmes, à transcender leurs colères en force au contact de l'art. Mais mon rôle à moi est de leur apprendre les couleurs, les techniques, la matière, l'équilibre, la composition... Un éveil à l'art et au plaisir de le pratiquer.

Avant de s'inscrire à un cours ou un stage d'arts plastiques, de modelage, peinture ou mosaïque, certains se posent un certain nombre de questions. Chaque atelier à sa démarche et il est important de trouver celle qui vous correspondra.
N'hésitez pas à nous écrire si d'autres questions viennent à vous.